Après pas mal de retard, d'autres choses importantes à régler, et quelques lectures diverses et variées : des SAS (c.f. un article du Monde sur son auteur Gérard de Villiers), le tome II de Cinquante nuances de Grey, (rien à dire, comme le précédent, nul), les tomes I & II d'Eragon de Christopher Paolini (vraiment pas mal pour un roman jeunesse 12/15 ans, j'y reviendrai)... bref des livres pas nécessairement intéressants à commenter, je vais vous faire une petite synthèse de La Conjuration des Imbéciles, livre que je voulais lire depuis quelques temps.
Ce livre, assez étrange, frôlant sans cesse la comédie, l'absurde et le drame, a obtenu le prix Pulitzer, prix décerné douze ans après le suicide de son auteur.
L'histoire se situe au début des années 1960 à la Nouvelle-Orléans, le personnage principal est Ignatius J. Reilly, ancien étudiant en littérature médiévale, celui-ci est retourné vivre chez sa mère car il n'a pas trouvé d'emploi comme professeur. Il faut toutefois précisé que Ignatius, très intelligent, confine à une sorte de génie paranoïaque, de son point de vue, la société ne le comprends pas, le rejette, par opposition il hait de toutes ses forces ses contemporains. Sa mère, alcoolique (à force de supporter son fils ?), cause la destruction d'une terrasse lors d'un accident de voiture. N'ayant aucun moyen, elle force son fils a enfin sortir de chez elle pour qu'il ramène de l'argent. Il va donc errer de travail en travail, se montrant odieux et égocentrique, proférant des avis totalement en décalage avec son époque. De plus, Ignatius se rêve en grand écrivain, incompris comme il se doit, rédigeant ses mémoires et sa théorie inspirée de Boèce ("La Consolation de la Philosophie"), et entretient une correspondance trouble avec une anarchiste-beatnik Myrna Minkoff...
Ce livre est intéressant à plusieurs points de vue. Par sa critique féroce des années 60 dans une société qui évolue par à coup avec la création de mouvements (anarchistes, beatniks, étudiants...) sur un fond de racisme marqué de la part des blancs envers les noirs (l'esclavage n'est pas loin). La société n'est pas l'image idéale que tente de nous renvoyer aujourd'hui la nation américaine. Là, tout n'est que drame et misère humaine, sur laquelle vivent quelques patrons, tandis que d'autres essayent de survivre (le vendeur de hot-dogs, la tenancière de bar). La vie est dure, sans concession, il faut travailler. A travers ce monde, erre un personnage tout en décalage, que l'on déteste et que l'on adore, dont on aime se moquer devant tant de stupidité. Etre associable, génie incompris, on peut tout voir dans cet Ignatius, même la honte de la famille. Sa plus grande force est de provoquer des catastrophes partout où il passe, et il va chambouler sa vie familiale et la vie de ses proches par ricochet...
Un livre à conseiller, un livre de talent, inclassable... Une critique mordante de la société et de l'humain, l'auteur se rapproche-t-il de son Ignatius ? On peut se poser la question car l'auteur se suicida, en partie car il ne put publier son manuscrit...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire